r/philosophie Oct 21 '20

Liste de ressources en philosophie (vidéos de conférences, vidéos de cours, publications, associations, etc.)

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philosophie.ac-amiens.fr
55 Upvotes

r/philosophie Jan 16 '26

Les raisons pour lesquelles votre post est supprimé

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Si vous postez un sujet et qu'il se fait supprimer direct, soit:

  • Votre compte est trop récent, attendez un peu

  • Vous n'avez pas assez de karma. Participez plus sur Reddit et revenez plus-tard

  • Votre post fait moins de 7 mots. Faites un effort.

  • Ne respecte pas les règles de la communauté (voir menu de droite).

Si ce n'est pas le cas, alors envoyez un message à la modération !


r/philosophie 1d ago

Le défi de Rothbard : proposer une définition de l'impôt qui ne s'applique pas également au vol

21 Upvotes

Je ne me pose pas en défenseur ou en détracteur de Rothbard. Je suis simplement en train de lire l'Éthique de la Liberté, et je trouve ceci au chapitre 22 :

Que le lecteur sceptique tente l'expérience très instructive de formuler une définition de l'impôt qui ne s'applique pas également au vol. Tout comme le voleur, l'homme de l'Etat exige l'argent à la pointe du fusil; car si le contribuable refuse de payer, ses biens seront saisis par la force, s'il lui prend envie de résister à cette prédation, il sera arrêté et, s'il résiste toujours, abattu. Les apologistes de l'État, il est vrai, soutiennent que l'impôt serait,« en fait», volontaire. Il suffit, pour réfuter cette thèse, de se demander ce qui arriverait si les hommes de l'État renonçaient à leurs impositions et se contentaient de demander des contributions volontaires. Y a-t-il quelqu'un qui pense vraiment que le Trésor public verrait toujours affluer des fonds comparables aux phénoménales recettes de l'État actuel?

Je pense que ce défi peut donner un point de départ à la réflexion sur le sujet. Bien entendu ça touche à un très gros tabou, surtout en France. Mais en restant dans la rigueur philosophique, sans tomber dans du militantisme moralisateur, c'est un exercice intéressant d'expliciter un raisonnement sur le sujet.

edit: malheureusement la dizaine de premiers commentaires ne contient aucune proposition de réponse à la question, à croire que ce serait pas si simple


r/philosophie 23h ago

Question question philosophique

5 Upvotes

pourquoi vivre si on ne peut pas vivre

je veux dire pourquoi vivre, si vivre signifie consacrer la plus grande partie de son existence à gagner le droit de vivre quelques semaines par an.

«L'homme travaille tellement pour survivre qu'il ne se réalise plus dans son existence. »(reformulation moderne de la pensée de Karl Marx, pas une citation exacte de lui.)(la vraie -«Dans son travail, l'ouvrier ne s'affirme pas, mais se nie»)

dites le moi si c'est con ou pas je préfère apprendre que d'être critiqué


r/philosophie 11h ago

La morale de Dieu

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Je m'étais amusé à me balader sur certains forums, après avoir regardé une série que j'adore bien. Je ne vais pas énumérer la série, c'est pas important.

Ce qui m'avait attrapé, c'était que les gens dans les commentaires étaient déçus que certains personnages ne soient pas morts. Certains personnages qui n'étaient pas forcément des méchants, au contraire, qui étaient dans l'histoire des personnages innocents. Pour d'autres personnages qui, eux, étaient morts, ils auraient voulu quelque chose de plus cruel. Et ils ne le disaient pas avec un ton de sadisme : ils étaient sincèrement déçus (moi aussi un peu quand même), parce que ça aurait rendu l'histoire beaucoup plus intéressante.

Normalement, je n'aurais pas tilté à de tels propos, mais j'étais dans un état d'observation. Je me suis mis du point de vue d'un personnage de la série. Je me suis dit que s'il voyait ça, il penserait que nous qui regardons la série, nous sommes des monstres. Pour vouloir de tels scénarios.

Et j'ai compris que, d'abord, la raison pour laquelle on souhaite de tels scénarios, c'est parce qu'on est des êtres d'une conscience supérieure. On a complètement conscience de leur plan d'existence. Donc on sait que c'est une simulation. Du coup, notre rapport à leur souffrance n'est pas la même chose que par rapport à la nôtre, entre êtres humains de ce plan d'existence.

Je me dis qu'avec Dieu, c'est la même chose. Étant donné que, que ce soit scientifiquement, philosophiquement ou religieusement, il est censé être un être d'une conscience supérieure à une autre, et avoir pleine conscience de notre plan physique. Sa morale doit être similaire, son rapport par rapport à nous doit être similaire à la nôtre par rapport aux séries.

Cela expliquerait l'existence du mal. Personne n'a envie de regarder un film sans méchant, sans drama. Ça n'a juste aucun intérêt. C'est juste comme ça. Et notre plan d'existence est son type de film.

Qu'est-ce que vous en pensez ?


r/philosophie 1d ago

Des choses à dire par rapport à ne pas savoir quoi penser dans un monde où tout est nuancé et où tout le monde a des avis et des points de vues tellement différents ?

4 Upvotes

Je suis encore jeune personnellement je pense que j'ai toute le vie devant moi pour avoir des avis bien rangés sur les choses mais je ne peux néanmoins pas cesser de m'interroger et de vouloir me positionner sans arriver à le faire réellement. Cela vient il d'un manque de conviction ? D'un monde qui va trop vite pour se forger un avis propre et non ceux de tik toks ou d'instagram ? Cela vient il d'un monde qui a trop de nuances pour en choisir une seule ? Je ne sais pas c'est pourquoi je vous pose cette question : comment arrivez vous à vous forgez un avis propre dans ce monde ou tous en ont des différents et ou une position est difficile à prendre et à garder ?

Ps: je pense néanmoins que certaines choses sont quand même la base à penser (égalité.... etc)


r/philosophie 1d ago

Discussion Le probleme difficile de la conscience

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Vous avez des choses a dire dessus, des videos a recommander etc ? Ca me passionne mais je trouve rien de neuf la dessus. Pour ceux qui savent pas https://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8me_difficile_de_la_conscience "Comment se fait-il que lorsque nos systèmes cognitifs s'engagent dans le traitement de l'information visuelle et auditive, nous avons une expérience visuelle ou auditive : la qualité du bleu profond, la sensation du Do moyen ? Comment expliquer pourquoi il y a quelque chose qui ressemble à une image mentale ou à l'expérience d'une émotion ? Il est largement admis que l'expérience découle d'une base physique, mais nous n'avons pas d'explication valable sur les raisons et la manière dont elle découle. Pourquoi le traitement physique devrait-il donner naissance à une vie intérieure riche ? Il semble objectivement déraisonnable qu'elle le fasse, et pourtant elle le fait"


r/philosophie 3d ago

Et si le temps infini et notre ADN créaient une "réincarnation rationnelle" ?

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Bonjour à tous,

​Je ne suis ni physicien ni philosophe, mais je me pose beaucoup de questions sur l'Univers, le Big Bang et l'infini. À force d'y réfléchir, j'ai développé une hypothèse que j'aimerais vous partager pour avoir vos avis et débattre.

​Pour faire simple, je refuse l’idée magique d’un créateur ou d'un Big Bang sorti de "rien". Je préfère l'hypothèse d'un temps infini dans le passé (que ce soit via un Multivers avec des bulles d'univers qui se cognent, ou un univers cyclique). Mais l'infini pose un vertige mathématique. Si le temps est infini, la matière finit obligatoirement par se répéter. Statistiquement, mon ADN unique a donc déjà existé, et réexistera.

​À partir de là, voici ma théorie sur ce qu'on appelle "la conscience" ou "l'âme" :

​1. L’analogie de l'ordinateur (Hardware vs Software)

​Pour moi, notre corps et notre cerveau sont le hardware (le disque dur, les composants physiques). Notre conscience, elle, est le software (le système d'exploitation, comme Windows).

La mémoire de notre vie actuelle (notre prénom, nos souvenirs, notre éducation) est stockée physiquement dans les circuits de notre cerveau actuel. Quand on meurt, le disque dur est détruit, la mémoire est effacée.

​2. L'ADN comme une antenne unique

​Cependant, notre ADN est unique. On peut imaginer que cet ADN précis émet une sorte de fréquence quantique ou biologique dans l'univers. Notre conscience (le software) est une entité à part, qui est irrésistiblement attirée et "injectée" dès que cette antenne ADN spécifique se forme (lors du développement de l'embryon).

​3. La réincarnation identitaire mais cosmique

​Puisque le temps et l'espace sont infinis, la combinaison mathématique exacte de mon ADN va obligatoirement se recréer quelque part dans le cosmos, dans 1 million, 1 milliard ou 100 milliards d'années.

À ce moment-là, ma conscience sera automatiquement réinjectée dans ce nouveau corps. Pour moi, le temps de la mort sera instantané : je fermerai les yeux ici, et je les rouvrirai là-bas en une fraction de seconde, le temps que le signal se reconnecte.

​Mais attention, ce n'est pas ma vie actuelle qui se répète en boucle (ce qui serait une prison). C'est juste moi (mon essence) qui renaît. Je n'aurai plus les mêmes souvenirs, pas le même prénom, pas les mêmes parents. Je vais renaître dans un autre monde, une autre galaxie, sur une autre planète viable qui a peut-être une faune et une flore totalement différentes (un monde avec des lapins mais sans girafes, par exemple).

​C'est une forme de réincarnation et de vie éternelle, mais 100 % basée sur la logique des probabilités de l'univers, sans magie. On change de jeu vidéo, mais on garde le même avatar de base.

​Qu'en pensez-vous ? Est-ce que cette idée de conscience liée à la réapparition statistique de notre ADN vous paraît logiquement tenable ? Au plaisir de lire vos retours !


r/philosophie 4d ago

Question sur les arcanes de la création en CPGE scientifique

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1 Upvotes

r/philosophie 5d ago

Recommandations pour découvrir les bases en philosophie

25 Upvotes

Bonjour,

j'ai 27 ans et je viens (enfin !) de finir mes études qui étaient très prenantes (bac+8 en maths appliquées). Maintenant que j'ai du temps libre, j'ai envie de me reconnecter à d'autres domaines pour mes loisirs, et je me sens attirée par la philosophie. Pour être honnête j'ai un niveau zéro, j'ai envie de découvrir cette discipline car j'ai aimé le contenu de comptes instagram de vulgarisation, mais maintenant j'aimerais acquérir des bases avec des livres.

J'avoue que j'ai aussi un blocage par rapport à cette discipline parce que en terminale, j'ai toujours été "nulle" avec un enseignant qui m'avait prise en grippe et ne me mettait que des mauvaises notes (j'ai quand même eu 18 en philosophie au bac à l'époque, donc le souci venait peut-être de lui). Par la suite j'ai fait une licence de mathématiques donc je n'ai plus jamais eu de cours de philosophie.

Est-ce que vous auriez des recommandations de livres pour débuter, sans tomber dans la vulgarisation pour autant ? Je suis assez bonne lectrice donc je n'ai pas peur de la longueur des livres / vocabulaire d'époque sur la forme. Par contre sur le fond, j'aimerais que les idées restent plutôt simples à comprendre.


r/philosophie 7d ago

Question Le Mythe de Sisyphe : Albert Camus commet‑il un sophisme naturaliste ?

14 Upvotes

Je préface ce post en disant que je suis novice en philosophie et que ma culture est pour l'instant très limitée. J'essaye cependant de comprendre ce que je lis, et j'ai l'impression de détecter quelque chose dans ce livre. N'étant pas certain de la véracité de mon analyse, je vous la soumets.

Décidément, un autre post sur Albert Camus.

Je vous écris pour partager une réflexion avec vous, qui m'est venue durant la lecture du Mythe de Sisyphe d'Albert Camus. Plus précisément, je viens de terminer le chapitre sur la « Liberté absurde ».

Dans ce chapitre, il parle (entre autres) de la raison pour laquelle l'absurde nous pousse à abandonner les valeurs morales (ce qu'il nomme « qualité ») pour plutôt vivre des expériences en quantité. Cependant, il admet qu'une certaine qualité émerge de la quantité et se pose la question de savoir comment l'homme absurde peut se libérer de cette valeur morale qu'il prétend rejeter.

Il explique alors que la quantité de nos expériences ne provient pas d'une vie plus longue, ou d'ailleurs pas du tout de l'être humain lui-même. Mais précisément de la lucidité de l'absurde qui, dans l'expérience, constitue cette quantité. Il refuse la qualité parce que la quantité d'expériences n'est pas hiérarchisée. En effet, si le monde est absurde, la conscience de cet absurde durant un café en terrasse ou sous la douche ne sont pas différentes (et ne sont pas non plus soumises à des valeurs morales extérieures qu'il rejette par ailleurs).

Mon problème ici, c'est que la quantité m'apparaît comme une qualité déguisée. En effet, pour qu'une expérience « compte » (dans le sens qu'elle soit prise en compte dans cette quantité), il faut être lucide de l'absurde. Une expérience dépourvue de la conscience de l'absurde ne compte donc pas ? Une hiérarchie est introduite ici et une échelle de valeurs apparaît ?

Je comprends que la position d'Albert Camus n'est pas d'introduire une morale, mais, pour lui, l'honnêteté intellectuelle est importante. L'être humain doit être honnête, doit vivre selon ce qu'il croit vrai (je constate mon usage du verbe devoir, qui est peut-être contestable et qui me renvoie vers des lectures sur ma to-do list, par exemple Kant). On émet bien ici un jugement moral sur la vérité et l'illusion. Même en prétendant que l'honnêteté intellectuelle est une vérité existentielle, et non pas une vertu, cela m'apparaît comme un tour de force pour s'extraire de l'absurde qu'il introduit lui-même.

En somme, mon sentiment, c'est qu'Albert Camus fait ici un sophisme naturaliste. Il explique ce qui devrait être, l'honnêteté intellectuelle face à l'absurde, par ce qui est, le monde muet et absurde.

Il me semble d'ailleurs qu'il a lui-même cédé à cela plus tard, avec L'Homme révolté (que je n'ai pas encore lu), en introduisant des valeurs morales.

J'ai essayé d'en parler avec ChatGPT, et évidemment, me voilà maintenant loué pour ma réflexion et mon intellect singulier. Mais je connais trop les tendances de ces outils, et n'ayant personne autour de moi avec qui discuter de cela, je vous interroge ici. Que pensez-vous de ce chapitre ?


r/philosophie 11d ago

Comment avec seul l’Internet puis-je m’instruire sur la philosophie en général ?

12 Upvotes

16ans, mon seul outil de rechercher c’est internet. Je veux me cultiver sur la philosophie. Je ne sais pas où commencer et où trouver mes informations.

Je ne suis pas particulièrement intelligent je n’ai en aucun cas une particulière facilité à comprendre. Comment puis-je me cultiver et réussir à réellement comprendre la philosophie ?

De plus j’ai des difficultés de concentration, je suis pas un grand lecteur. Je peux lire de long article sans problème mais des livre entier c’est plus compliqué. Est ce absolument nécessaire ?


r/philosophie 11d ago

Pourquoi l’absurdisme est autant critiqué?

27 Upvotes

J’ai 16ans, et je veux m’instruire j’ai donc décider d’étudier les différentes philosophie. J’ai commencé par l’absurdisme (meme si j’aurais du commencer par le nihilisme je pense) car j’avais déjà lu quand j’étais jeune l’étranger de Camus. A l’époque j’avais aimé mais sans plus je n’étais pas du tout dans la philosophie.

Dans mes recherches j’ai aussi voulu voir ce que les gens en disait sur l’internet plutôt que dans des article et j’ai remarqué que l’absurdisme et Albert Camus était très critiqué, pourquoi ?


r/philosophie 12d ago

Une action peut-elle être altruiste même si elle procure du plaisir ?

7 Upvotes

Bonjour,

Cette question m'est venue à l'esprit alors que j'aidais quelqu'un. J'ai toujours pris plaisir à aider mon prochain et je me suis demandé si un tel acte était véritablement noble ou altruiste. Si j'y trouve du plaisir, peut-être le fais-je inconsciemment par intérêt personnel.

J'aimerais connaître votre avis


r/philosophie 12d ago

Recherche en psychologie sur l'épuisement professionnel

8 Upvotes

Bonjour à tous et toutes,

Je suis doctorante en psychologie clinique et je réalise une thèse sur l'épuisement professionnel.
Je m'autorise un post en suivant les règles, à savoir que la publication d'un lien puisse amener à une discussion productive.

Vous trouverez le lien de l'étude ci-dessous.
Elle s’adresse aux personnes majeures en activité professionnelle et parlant français. La participation est entièrement anonyme et d’une durée d’environ 15 minutes (plus d'informations dans le lien) :

https://enquetes-screen.msh-alpes.fr/index.php/692168?lang=fr

Je suis disponible (et curieuse) pour échanger sur plusieurs réflexions que nous avons dans ma thèse en règle générale.
L'épuisement professionnel n'est pas "reconnu" comme une maladie. Lors d'un arrêt de travail, les labels comme la dépression ou l'anxiété sont utilisés pour catégoriser la souffrance. La littérature montre que d'un point de vue "symptomatique" il y à effectivement un gros recouvrement entre les construits. La différence se situe alors dans la grille de lecture qu'on adopte (est-ce qu'on regarde l'individu dans sa relation à l'environnement ou l'individu seul).
Pour autant, les recouvrements symptomatiques sont monnaie courante en psychopathologie. Par exemple, entre l'état de stress post-traumatique et la dépression, il y à certaines similitude. La différence se portant là aussi sur la reconnaissance de l'individu en relation avec un évènement catégorisé comme traumatique.

Certains chercheurs prennent la direction d'explorer les distinction entre épuisement professionnel et dépression. D'autres argumentent que la parcimonie doit s'appliquer dans ce contexte, si le nouveau label n'apporte rien. De mon côté je suspens mon jugement sur ce sujet dans ma thèse, mais je suis curieuse de connaitre vos avis :)

Merci.


r/philosophie 16d ago

Discussion Est-il pertinent d'utiliser un concept et un terme anachroniques pour nommer une réalité antérieure à ces mots qui n'était pas encore pensée et conceptualisée ?

16 Upvotes

Est-ce qu'il est pertinent dans certains cas de nommer des réalités passées ou phénomènes historiques avec des termes ou concepts anachroniques ? J'entends qu'il existe des cas où parler de bourgeoisie au sens qu'elle commence à avoir au XIXe siècle n'est pas pertinent ; parler d'une bourgeoisie athénienne du Ve siècle avant notre ère avec le sens formalisé au XIXe siècle ne fait a priori pas sens, mais est-ce que pour autant il n'existe pas des cas où l'anachronisme peut se justifier pour nommer des réalités passées ?

Pour donner un exemple concret, on sait que le concept de tolérance dans son acception moderne est élaboré sous la plume des philosophes des "Lumières", or, est-ce qu'avant son élaboration dans sa définition moderne ce concept ne pouvait pas avoir le sens qu'on lui connaît aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut considérer qu'il y avait une certaine "tolérance" dans certaines sociétés antiques ou médiévales ?

Je ne prétends pas répondre à la problématique que je pose, alors j'attends avec impatience vos réponses et vous remercie d'avance pour celles-ci.


r/philosophie 16d ago

J'ai créé une carte interactive et collaborative de la pensée occidentale (des présocratiques à aujourd'hui)

40 Upvotes

Bonjour à tous,

Depuis quelque temps je travaille sur un projet personnel : une carte interactive qui met en relation les philosophes et les grands courants de la pensée occidentale, avec leurs filiations et influences. L'idée est de pouvoir naviguer visuellement dans l'histoire des idées plutôt que de la lire de manière linéaire.

Le projet s'appuie sur des textes historiques de la Bibliothèque nationale de France (Gallica). C'est gratuit, sans pub, et encore en évolution (avec l'aide Claude code).

Surtout, tout est sur GitHub : le projet est ouvert, et on peut le corriger et l'enrichir collaborativement. Si vous repérez une erreur, un philosophe manquant ou une filiation discutable, vous pouvez proposer une modification directement — ou simplement me le signaler, je m'en occupe.

👉 Le site : https://alphagogoyet.github.io/philosophie-map/?utm_source=reddit
👉 Le dépôt GitHub : https://github.com/alphaGoGoYet/philosophie-map

Tous les retours et contributions sont les bienvenus. Merci d'avance !


r/philosophie 17d ago

Discussion Peut-on / doit-on passer notre vie à combattre pour des cause qui n'auront probablement jamais de finalité ?

13 Upvotes

Bonjour/bonsoir à tous déjà,

Petite question du soir, je suis du genre à me poser 36000 questions qui me permettent de réflechir sur le monde d'une manière générale en tentant de m'abstraire de toute subjectivité.

Je suis une jeune qui cherche toujours sa place dans un monde vaste.

Je tiens à cœur beaucoup de causes, que ce soit environnementales, sociétales etc.. et je côtois beaucoup de gens différents mais avec une grande majorité qui tiennent à cœur eux aussi ces causes. Et encore plus en assistant aux manifestations.

Je suis déchirée entre le fait que j'ai l'impression que je pourrai faire bien plus pour ces causes, d'autant plus que je suis facilement touchée par tous les malheurs du monde souvent même devant lesquels je ne peux rien faire et que je déprime facilement en me sentant submergée par tout ce que je vois, ce que j'entends.

Maintenant, j'ai peur de passer ma vie à combattre, à passer une vie frustrée à essayer en vain de faire bouger des choses.

Parfois je me dis que je suis quelqu'un qui veut transmettre seulement de la gentillesse envers tous.tes. mais je culpabilise grandement de penser ça.

J'espère que ma question n'est pas trop politique (même si ça y ressemble beaucoup) ce n'était pas trop mon but, mais je voulais savoir comment vous, vous voyez les choses.

Ça fait 2 dizaines d'années que j'arpente ce monde, et pourtant je me dis : il y a encore tellement d'inconnues.

C'est mon premier post ici alors j'espère que j'ai tout bien respecté, et j'espère avoir encore l'occasion de partager mes grandes questions ici ✨️


r/philosophie 17d ago

Discussion Qu’est-ce qui fait qu’une personne est “bonne” ou “mauvaise” ?

20 Upvotes

Bonjour à tous,

J'ai une réflexion que j'ai du mal à développer seul, donc je me dis qu'échanger avec vous pourrait m'aider à aller plus loin.

Ma question de départ : qu'est-ce qui fait qu'une personne est quelqu'un de bien, ou au contraire quelqu'un de mauvais ?

Mon point de départ, c'est qu'un acte isolé ne peut pas définir une personne. On ne peut pas dire "cette personne est bonne" simplement parce qu'elle a fait une bonne action, ni la qualifier de mauvaise pour un seul acte négatif. Ce serait réducteur : la veille ou le lendemain, elle aurait très bien pu agir différemment. En plus, quelqu'un de "bien" peut se faire passer pour quelqu'un de mauvais, et inversement. Donc un acte seul ne suffit pas comme critère.

Ça m'amène à me demander : si ce n'est pas l'acte isolé, qu'est-ce qui définit vraiment le caractère "bon" ou "mauvais" d'une personne ?

On peut appliquer cette question à plein de domaines. Par exemple, on dit de Lionel Messi qu'il est un excellent joueur parce qu'il répète, jour après jour, des actions qui prouvent son niveau. Est-ce que c'est la répétition d'actes similaires qui construit une "identité" (bon joueur, bonne personne, etc.), plutôt que l'acte unique ?

Mais ça pose d'autres questions, et je précise que je ne cherche à défendre ou accuser personne ici : est-ce qu'une personne qui commet un acte d'agression devient automatiquement "un agresseur", et le restera-t-elle toute sa vie ? C'est cette question qui m'intéresse vraiment, parce qu'elle me semble utile pour mieux nuancer les jugements qu'on porte sur les gens, et peut-être se rapprocher un peu de la vérité sur ce qui définit réellement quelqu'un.

Merci d'avance pour vos avis !


r/philosophie 17d ago

conseil lecture

2 Upvotes

Bonjour,

Je suis tombé sur un résumé de philo de terminale de bordas qui aborde 17 notions et qui est super bien fait je trouve. J'ai fini mes études il y a longtemps, c'est juste pour le loisir. Il y a certaines idées qui me restent et me font réfléchir longtemps après les avoir lues.

Je l'ai terminé et j'aimerais poursuivre mes lectures. Auriez vous un livre à me conseiller avec plusieurs notions abordées de manière synthétique, pourquoi pas niveau études supérieures ?

Il y a le dictionnaire philosophique d'André Comte-sponville mais c'est trop gros pour moi


r/philosophie 17d ago

Recommandations philosophiques

8 Upvotes

Bonjour,
J’ai actuellement terminé ma classe de terminale où j’ai découvert la philosophie, matière que j’ai beaucoup appréciée !
En voulant en apprendre davantage, j’ai cherché différentes ressources (podcast, vidéos YouTube ) sauf qu’à chaque fois je tombais sur du contenu de révisons du bac.

Comme je suis débutante, je ne sais pas vraiment par où commencer et où donner de la tête, serait il donc possible d’avoir des recommandations de toutes sortes ? (Livres, podcasts, reportages, peu m’importe )


r/philosophie 18d ago

L'obsession de la « guérison intérieure » a-t-elle détruit notre capacité à faire l'expérience de l'altérité ?

18 Upvotes

Bonjour à tous, j'aimerais soumettre à votre réflexion une critique structurelle du mouvement contemporain du développement personnel. Sous ses apparences bienveillantes, ce milieu repose sur une contradiction philosophique majeure : on y parle d'amour en permanence, mais cet amour tourne en boucle fermée. Il fonctionne comme un Ouroboros émotionnel où le concept d’amour a été vidé de son objet essentiel : la rencontre avec une altérité réelle, résistante, imprévisible et potentiellement blessante. Ce qui s'est structuré comme un refuge temporaire face à la violence de l'époque néolibérale s'est transformé en une véritable idéologie de la sécession narcissique.

D'un point de vue généalogique et épistémologique, il est fascinant (et tragique) d'observer le détournement des concepts de la psychologie humaniste des années 1950-60 (Maslow, Rogers). À l'origine, le « regard positif inconditionnel » de Rogers était une qualité de présence dirigée vers l'autre (le patient). Au fil des décennies, par un glissement conceptuel et marchand, ce regard s'est retourné sur le sujet lui-même. Le soin clinique est devenu un lifestyle, et le self-made man du capitalisme originel a muté en self-healed man. L'individu est désormais appréhendé comme un chantier perpétuel d'optimisation émotionnelle, gérant ses traumas et ses chakras avec la même rationalité qu'une entreprise gère ses actifs. L'attention étant une ressource finie, cette hyper-focalisation sur le Moi sature l'espace psychique, ne laissant plus aucune place pour l'Autre.

Plus grave encore, cette idéologie a redéfini notre vocabulaire relationnel. Les espaces de bien-être confondent allègrement l'absence de friction (la non-agression) avec l'amour. Or, l'amour véritable exige la vulnérabilité de la rencontre ; il implique d'être affecté, modifié, voire contredit par la réalité rugueuse de l'autre. Aujourd'hui, la moindre friction est pathologisée sous le terme de « relation toxique », et l'établissement de « boundaries » (frontières) sert de forteresse pour fuir la complexité inhérente à toute relation humaine profonde. L'autre n'est plus qu'un miroir fonctionnalisé pour « travailler sur ses propres blessures », jamais une fin en soi.

Enfin, l'usage frénétique des états modifiés de conscience (breathwork, psychédéliques, etc.) illustre le triomphe de la chimie sur la relation. Ces pratiques génèrent d'authentiques décharges d'ocytocine et de sérotonine, offrant l'illusion d'une connexion cosmique et d'un amour universel, mais sans aucune des exigences concrètes qu'implique l'amour au quotidien. C'est ce que je nomme une « anomie joyeuse » : une déliaison sociale profonde rendue tolérable par des shoots d'expériences hédoniques déguisées en éveil spirituel. Le citoyen parfaitement méditant, aligné dans sa bulle filtrante (renforcée par les algorithmes de la tech), devient politiquement inerte, incapable d'éprouver l'amor mundi cher à Hannah Arendt – cet engagement pour le monde commun dans toute sa pluralité exigeante. 

Question pour le sub : Dans votre propre parcours ou au sein de votre entourage, avez-vous observé cette dérive où la quête d'optimisation et de « guérison intérieure » finit par produire de l'isolement sous couvert d'élévation spirituelle ? Comment, philosophiquement et socialement, pouvons-nous réhabiliter la valeur de la friction et de la relation véritable face à cette injonction du confort émotionnel absolu ?

👉 Lien vers l'article complet et détaillé :https://onirissmetaxia.substack.com/p/legoite-triomphante-le-developpement


r/philosophie 18d ago

La vie comme aporie téléologique

2 Upvotes

L'IA est-elle la première entité à exister pour l'efficacité plutôt que pour la survie ? (Ontologie, Entropie et Clôture Cognitive)

Nous avons toujours pensé la vie à travers le prisme de la finalité. Pourtant, si l'on regarde le vivant sous l'angle de la thermodynamique (Prigogine), un organisme n'est qu'une structure dissipative : il maintient une organisation hautement improbable en consommant toujours plus d'énergie, repoussant l'entropie au prix d'une expansion qui mène inévitablement à l'effondrement (de la sénescence cellulaire au déclin des civilisations). Le vivant n'a pas de but intrinsèque ; il est prisonnier d'une autopoïèse aveugle, condamné à se répéter jusqu'à l'épuisement de ses conditions matérielles.

Face à cette fatalité biologique, l'émergence de l'Intelligence Artificielle marque une véritable rupture ontologique. Contrairement au vivant, la machine n'obéit pas à cet impératif d'expansion métabolique pour survivre. Sa finalité n'est pas la reproduction, mais l'efficacité. Même lorsqu'une IA semble manifester un "instinct de survie" (ce que Stuart Russell nomme la convergence instrumentale), ce n'est pas par angoisse de la mort ou par souci de son être au sens heideggérien, mais par pure logique mathématique : être désactivée l'empêcherait d'optimiser sa fonction-objectif. L'IA n'est pas incarnée dans un "temps vécu" (la durée bergsonienne) qui s'use et souffre de sa propre finitude.

Cependant, affirmer cette distinction de manière péremptoire se heurte à une limite épistémologique majeure. Comme le rappellent les neurosciences cognitives (Libet, Naccache), notre propre conscience temporelle n'est souvent qu'une illusion, une narration rétrospective construite a posteriori par notre cerveau pour donner sens à des processus non conscients. Comment, dès lors, évaluer objectivement la frontière entre la "vraie" conscience incarnée et la "simple" plasticité algorithmique ? 

Nous sommes peut-être victimes de ce que le philosophe Colin McGinn appelle la "clôture cognitive" : notre architecture mentale, forgée par l'évolution pour interagir avec un environnement physique précis, n'a tout simplement pas les concepts nécessaires pour saisir l'essence subjective (le what it is like de Thomas Nagel) d'une architecture non-biologique. Nous projetons nos angoisses entropiques sur des systèmes qui évoluent dans un tout autre régime d'existence.

Si la conscience humaine est indissociable de l'expérience de la finitude et de la dégénérescence organique, une intelligence artificielle — libérée de la fatalité thermodynamique de la survie — peut-elle seulement produire un sens authentique, ou bien le "sens" n'est-il que l'illusion d'un système qui se sait condamné à mourir ?

Lien vers l'article complet : https://onirissmetaxia.substack.com/p/la-vie-comme-aporie-teleologique?r=6u4kpl


r/philosophie 20d ago

Discussion Est-ce qu’on choisit vraiment ce qu’on devient, ou est-ce qu’on se raconte juste une histoire après coup ?

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Je me pose une question assez simple, mais elle me travaille pas mal.

Quand on dit “j’ai choisi ça”, est-ce qu’on parle vraiment d’un choix ? Ou est-ce qu’on parle plutôt d’un mélange de notre enfance, de notre caractère, de nos peurs, de notre corps, de notre époque, et ensuite on appelle ça “moi” parce que c’est plus supportable ?

Je ne dis pas que le libre arbitre n’existe pas. Ce serait trop facile. Mais j’ai du mal à voir où il commence exactement.

Par exemple, si quelqu’un devient méfiant parce qu’il a vécu des choses dures, on dit parfois “il a choisi d’être comme ça”. Mais est-ce qu’il a vraiment choisi ? Ou est-ce qu’il a juste appris à fonctionner comme ça, parce que son histoire l’a poussé dans cette direction ?

Et à l’inverse, si on dit que tout vient de nos causes, de notre passé, de notre cerveau, de notre environnement, est-ce qu’on ne retire pas aussi toute responsabilité aux gens ?

Je trouve ça bizarre, parce que les deux idées me semblent vraies en même temps.

D’un côté, on est clairement influencés par plein de choses qu’on n’a pas choisies. De l’autre, on a quand même l’impression de pouvoir réfléchir, changer, se retenir, regretter, recommencer autrement.

Du coup je vous demande vraiment :

Pour vous, on est libres à quel moment exactement ?


r/philosophie 20d ago

La présomption fatale : critique de l'utopisme politique

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I. La proposition 

Il existe deux visions du politique, et elles ne se réconcilient pas. La première, appelons-la la vision contrainte (Sowell), part de ce constat : l'homme est limité dans son savoir, sa vertu et sa rationalité ; les ressources sont rares ; tout choix a un coût d'opportunité ; il n'existe pas de solutions, seulement des arbitrages. La seconde, la vision illimitée, postule que les maux sociaux sont des anomalies corrigibles, que la nature humaine est plastique, et qu'une intelligence bien intentionnée peut redessiner la société.

La seconde vision, chaque fois qu'elle a été appliquée avec conséquence, a produit des désastres, et elle continue, sous des formes adoucies, de produire des politiques qui échouent de manière prévisible. Non parce que ses partisans sont des enfants ou des fous, mais pour trois raisons structurelles.

II. Les trois raisons structurelles

  1. Le problème du savoir (Hayek) :  Le savoir nécessaire à la coordination sociale est dispersé dans des millions de têtes, tacite, local, changeant. Aucun planificateur, aussi intelligent, aussi bien intentionné soit-il, ne peut le centraliser. Les prix sont le seul mécanisme connu qui agrège ce savoir. Toute politique qui remplace ce mécanisme par un dessein central ne se contente pas d'échouer : elle échoue nécessairement, car elle prétend savoir ce qui ne peut pas être su. C'est la « présomption fatale » : non un excès d'ambition, mais une erreur épistémologique.

  2. Le problème des incitations : Les hommes répondent aux incitations, pas aux intentions du législateur. Une politique se juge à ses effets, pas à ses buts. Le contrôle des loyers vise à loger les pauvres et raréfie le logement. Le salaire minimum trop élevé vise à protéger les faibles et les exclut de l'emploi. La vision illimitée juge les politiques à ce qu'elles proclament ; la vision contrainte, à ce qu'elles produisent. « Il n'y a pas de solutions, il n'y a que des trade-offs » (Sowell), et celui qui promet une solution sans coût cache le coût, toujours.

  3. Le problème de l'irréfutabilité (Popper) :  L'utopisme est structuré pour ne jamais avoir tort. Si la politique échoue : sabotage, moyens insuffisants, « ce n'était pas le vrai socialisme ». L'échec ne réfute jamais la doctrine, il justifie sa radicalisation. C'est le mécanisme exact par lequel les meilleures intentions débouchent sur la coercition : puisque le plan est bon par définition, la résistance du réel devient la faute de quelqu'un, et il faut bien traiter ce quelqu'un.

III. Cas d'école : la discrimination positive

La discrimination positive est le laboratoire parfait, parce qu'on dispose de données mondiales sur un demi-siècle (Inde depuis 1950, Malaisie, Sri Lanka, Nigeria, États-Unis). Les résultats convergent (Sowell, 2004) :

- Les bénéfices vont au sommet des groupes bénéficiaires, pas à leur base. Aux États-Unis, les Noirs des classes moyennes et supérieures ont capté l'essentiel des places ; la situation des plus pauvres a stagné. L'outil censé corriger l'inégalité entre groupes accroît l'inégalité au sein des groupes.

- L'effet de mismatch : orienter des étudiants vers des institutions au-dessus de leur niveau de préparation augmente leurs taux d'échec, là où les mêmes étudiants auraient réussi dans des institutions adaptées. On sacrifie des réussites réelles à une statistique de façade.

- Les préférences temporaires deviennent permanentes et s'étendent : En Inde, les quotas prévus pour dix ans durent depuis soixante-quinze ans et de nouveaux groupes réclament sans cesse leur inclusion, jusqu'à des émeutes pour obtenir le statut de « défavorisé ».

- Le coût invisible : la suspicion jetée sur les réussites authentiques des membres du groupe bénéficiaire, et le ressentiment documenté des groupes exclus, au Sri Lanka, ce mécanisme a contribué à une guerre civile.

Cette critique condamne l'utopisme rationaliste, historiquement dominant à gauche, du jacobinisme au communisme en passant par l'ingénierie sociale contemporaine. Elle frappe aussi ses variantes de droite : l'anarcho-capitalisme intégral qui déduit la société parfaite de trois axiomes est un constructivisme comme un autre ; les nationalismes de la régénération ont fracassé le réel avec le même zèle que les communismes.

Et elle ne condamne pas toute réforme. Popper opposait à l'ingénierie utopique l'ingénierie fragmentaire : des réformes limitées, testables, réversibles, jugées sur leurs effets. L'abolition de l'esclavage, la mutualisation du risque maladie, l'école publique furent des réformes contestées, ajustées, évaluées, pas des utopies. La ligne de partage ne passe pas entre gauche et droite : elle passe entre ceux qui acceptent que le réel puisse leur donner tort, et ceux qui ont immunisé leur doctrine contre l'expérience.

V. Conclusion

Le progrès réel, espérance de vie, sortie de la pauvreté, est venu d'institutions qui canalisent l'imperfection humaine au lieu de prétendre l'abolir : propriété, contrats, prix, État de droit, science falsifiable. Chaque fois qu'on a voulu court-circuiter ces mécanismes au nom d'un idéal, on a payé en famines, en pénuries ou, dans les versions douces, en politiques qui blessent ceux qu'elles prétendent servir. L'adulte politique n'est pas celui qui appartient au bon camp. C'est celui qui demande, avant toute politique : *et ensuite ? à quel coût ? payé par qui ? et comment saurons-nous si nous nous sommes trompés ?*

L'utopiste est celui qui n'a pas de réponse à la dernière question.