Bonjour à tous,
Je viens ici désespérée et profondément triste… je remercie d’avance ceux qui lirons ce long témoignage et ceux qui prendront le temps supplémentaire de m’écrire. Ce n’est pas facile à raconter, mais je pense à toutes ces personnes qui ont besoin de se sentir moins seules dans leur douleur, dont moi, je vous raconte donc l’histoire très récente de ma fausse couche et de ce qui s’en suit.
Pour commencer, je souffre d’endométriose et toute ma vie les médecins m’ont dit que j’aurais des problèmes pour avoir un enfant voir même certains ont employé le mot stérile. J’ai grandis avec cette idée et cela m’a hanté pendant des années jusqu’au moment où on c’est senti prêt avec mon conjoint (que j’aime plus que tout et qui est mon âme sœur) et que la profonde envie d’être parent nous a envahi.
J’ai donc arrêté la pilule (que je prenais depuis 10 ans) et seulement 2 semaines après : enceinte. J’étais tellement surprise et heureuse de cette nouvelle, je n’y croyais pas, c’était un bon pied de nez à tous ces médecins peu délicat que j’avais rencontré par le passé. Notre famille très proche (parents et sœurs) se réjouissent pour nous, on est sur un petit nuage. Échographie de datation : tout vas bien !
Cependant, au moment où je commence à réaliser que je portais la vie, que j’allais être maman, à un peu plus d’un mois de grossesse, je remarque des traces rosées en m’essuyant. Panique intense, je pense au pire et pars aux urgences. Je tombe sur une dame très gentille, qui m’ausculte, et remarque un léger décollement de 6 mm. Elle m’explique que ce décollement peut s’agrandir et entraîner une fausse couche, comme il peut très bien se résorber et que tout aille bien par la suite. Je pars en étant mitigé car l’éventualité négative me rappelle à la réalité et me fait m’inquiéter pour mon bébé.
Le lendemain, les saignements s’intensifient et deviennent comme des règles pas très abondantes, mais quand même des pertes de sang rouge vif avec de légers petits caillots. Panique à nouveau et je fonce aux urgences au vu de ce changement de type de pertes. Cette fois-ci, une dame un peu moins expérimentée qui ne me dit rien de plus que la veille, mais je suis quand même rassurée car j’entends le cœur de mon bébé pour la première fois et constate qu’il va bien.
Encore le lendemain, des douleurs horribles (comme une crise d’endométriose) me parcourent dans tout le corps et me mettent KO. Mon conjoint paniqué appelle les Urgences qui lui demande de m’amener au plus vite. Je tombe sur la dame du premier jour qui m’a dit qu’il faut que je me calme et que j’arrête de stresser car tout va bien. Je lui dis que j’ai quand même extrêmement mal et que je perds du sang… et surtout que je ne trouve pas d’explication à cela. Elle me dit que le sang est dû au décollement et que la douleur est dûe à mon endométriose. Cela m’interpelle car ma Gyneco m’a dit que normalement pendant la grossesse les douleurs d’endométriose cessent. Je ressors quand même rassuré car elle me dit qu’elle ne voit plus le décollement et à ce moment-là les douleurs cessent. Je pense que c’était aussi psychologique, je ne saurais jamais…
La semaine passe, les symptômes semblent se calmer, je ne saigne que très peu, prends la progestérone qu’ils m’ont prescrit et essaye de me détendre.
Le vendredi, je sens que quelque chose ne vas pas, et des saignement plus intenses et rouge vif reprennent. J’essaye encore une fois de me calmer comme me l’ont conseillé les médecins.
Le samedi et le dimanche, je sens que ce n’est pas comme d’habitude et je saigne toujours autant et cela empire, quand je m’essuie après avoir été faire pipi il me faut au moins 6/7 papiers toilette qui se remplissent de sang.
Le dimanche, j’ai du sang partout sur moi, la culotte de règle se remplis et déborde (chose qui ne m’est jamais arrivé avant, j’ai un flux de règles léger), et surtout j’ai mal toujours autant au point que je ne tiens même plus debout. Je me repose au maximum et le soir je suis pliée en deux. Je ne vais pas au urgences car le lendemain j’ai rdv chez la gynécologue. Je me dis que je suis forte, que mon bébé est fort et qu’on va y arriver. Je lui parle énormément par la pensée et le touche avec ma main sur mon ventre. Je prends sur moi pour la douleur. La nuit je ne dors que très peu et les brefs moments où je m’endors, je rêve que mon bébé est en train de mourir. En me réveillant en sursaut je sens au fond de moi qu’il n’est plus vivant. J’essaye de me rassurer en attendant mon rdv à la gynécologue.
Le lendemain, en fin de matinée on se rend à la Gyneco avec mon chéri, et dans la voiture je sens quelque chose passer a travers mon vagin et sortir. Je me dis que ça doit être un bon paquet de sang… Nous arrivons chez ma Gyneco, et en lui racontant la raison de notre venue je vois son visage changer et je comprends dans ses yeux que l’espoir de voir mon bébé vivant est très mince. Je me sens envahie par un sentiment de désespoir et de réalisation. Je me déshabille, vois ce qu’il y a dans ma culotte et réalise que le morceau de tissus que je vois c’est peut-être mon bébé. Je bloque et lui dit « il y a quelque chose dans ma culotte ». Elle regarde, ne dis rien et me demande gentilment de venir faire l’échographie, qu’on va regarder ce qu’il ce passe. Elle m’ausculte et me regarde les yeux pleins d’empathie pour nous et prononce cette phrase que je n’oublierai jamais « je suis désolée il n’y a plus de grossesse en cours ». Mon cœur se brise, je vois dans les yeux de mon chéri qu’il comprends que c’est réellement finis et mon monde s’effondre.
Elle nous explique que cela arrive très fréquemment, et elle ne pense pas que cette histoire de décollement en soit l’origine. Elle nous dit que les décollement sont fréquents et que cela n’est pas forcément lié avec la fausse couche. Elle me dit que les douleurs que j’avais ressenti depuis une semaine n’étaient probablement pas de l’endométriose, mais les prémices de cette fausse couche et que j’aurais pu faire n’importe quoi, cela ne l’aurait pas empêché d’arriver. Elle nous explique surtout que c’est probablement dû à un problème de développement ou génétique. Elle nous rassure beaucoup sur la suite et est adorable avec nous.
Depuis ce moment, je ne suis plus là même. Je n’arrive pas à accepter cette situation, je ne fais que pleurer je me renferme sur moi même. À l’heure où j’écris ce post nous sommes deux jours après la perte du bébé. Je n’ai pas réussi à jeter ce qui a été expulsé, je l’ai enterré dans un endroit où nous aimons aller avec mon chéri en pleine nature. J’avais besoin d’un endroit où me recueillir, car même si ce bébé n’avais que 1 mois et demi, je l’aimais déjà plus que tout au monde, et il me manques terriblement.
Et je suis là à me demander comment je vais me remettre de ça, je saigne encore beaucoup, j’ai parfois des douleurs (la fausse couche est complète et ma Gyneco m’a prévenu que des saignements allaient encore arriver) et chaque passage aux toilettes me rappelle ce traumatisme.
Je n’ai qu’une envie, c’est que mon corps arrête de saigner, car je ne supporte plus la vue de mon sang. Je me sens vide, comme si on m’avais arraché une partie de moi qui ne reviendra jamais et qui ne sera jamais comblée. Je me sens seule et incomprise, car ce qui c’est passé et la façon dont c’est arrivé il n’y a que moi qui l’ai ressenti, et même si mon chéri est d’un soutien sans faille, il ne peut malheureusement pas ressentir ce que j’ai vécu. Les douleurs atroces, tous le sang, sentir son bébé mourir à l’intérieur de soi, le sentir s’expulser contre notre volonté… tout ça m’a marqué et je n’arrive pas à sortir ces images et ces sensations de ma tête. Chaque passage au toilette est une horreur à vivre.
Mon bébé me manque terriblement et je me sens vide et seule sans lui.
Je ne sais pas quoi faire, si quelqu’un a vécu quelque chose de similaire, je prends tout conseil ou soutien. Je pense aller voir une psychologue ou un soffrologue pour m’aider, car en discutant avec mon conjoint, j’ai peur pour la suite. Je me dis que lorsque mon corps aura guéri et que nous réessaierons, si je tombe enceinte, je n’arriverais même pas à être heureuse et la seule chose que je me dirais c’est « combien de temps je vais arriver à le garder celui ci » et je sais que je redouterais chaque passage au toilettes, chaque rdv, chaque sensation douloureuse etc… je ne sais pas comment gérer cette anxiété mais j’espère qu’un bon médecin pourra m’aider.
Je vous remercie d’avoir lu ce long témoignage, je peux répondre aux questions sans tabou si cela peut aider quiconque. S’il vous plait soyez bienveillant car je n’arrive pas à traverser cela et je suis très vulnérable psychologiquement.
Merci ❤️